L’Angola, présidant l’Union africaine, a annoncé, lundi dernier, son retrait de la médiation dans le conflit entre la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe armé M23, décision clarifiée par le président angolais João Lourenço au détour d’une visite à Saurimo, capitale de la province de Lunda Sud. Selon Lourenço, ce retrait « n’est pas un signe d’hostilité envers qui que ce soit », précisant qu’il n’y a aucun lien entre cette décision et des tensions politiques. Le président a ajouté que, en cas de conséquences sécuritaires, la solution serait simple : « nous remettons une balle et un fusil aux Forces armées, et le problème est résolu. » Il a expliqué que ce retrait était destiné à permettre à l’Angola de se concentrer sur les priorités de l’Union africaine, qu’il préside depuis près de deux mois. Le retrait de Luanda fait suite à l’échec de la médiation angolaise. En réaction, les chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont organisé un sommet virtuel pour relancer la médiation. Un groupe de facilitateurs de haut niveau, comprenant des figures comme Olusegun Obasanjo (Nigéria) et Uhuru Kenyatta (Kenya), a été formé pour reprendre les négociations et désigner un nouveau médiateur.
Malgré des progrès diplomatiques, la médiation angolaise a été confrontée à des obstacles, notamment l’absence du Rwanda lors du sommet de décembre 2024 et l’échec d’une tentative de négociation directe en mars 2025. Le retrait de Luanda intervient alors que des tensions persistent sur le terrain, en particulier concernant les engagements des parties impliquées et l’implication de forces étrangères, comme l’indication d’une rencontre trilatérale à Doha impliquant le Qatar.
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